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Reconnaissance des apparitions à Kibeho



Comme le montre l’histoire des apparitions à travers le monde, il peut arriver qu’après l’approbation du culte public sur les lieux, l’évolution de la situation dissuade l’autorité de l’Eglise de pousser plus loin, et qu’elle préfère plutôt en rester là une fois pour toutes. Tel n’a pas été le cas pour Kibeho. Il y avait, en effet, pour l’autorité compétente, assez d’éléments pour pouvoir apprécier les faits et trancher le débat par une déclaration portant jugement définitif sur les événements étudiés.

 

L’état d’avancement des travaux des commissions ad hoc, à pied d’œuvre depuis mars 1982, offrait des conditions favorables. C’est pourquoi, dans la foulée des célébrations du Grand Jubilé de l’An 2000 de l’Incarnation du Christ et du premier centenaire de l’évangélisation du Rwanda, l’Evêque de Gikongoro, a jugé opportun de clarifier définitivement le dossier des apparitions de Kibeho au terme de 20 ans d’examen. Après avoir pris soin de délibérer avec ses commissions d’étude, de consulter le Saint-Siège et la Conférence des Evêques du Rwanda, il a promulgué son Décret à la date du 29 juin 2001, au cours de la messe solennelle concélébrée à la Cathédrale de Gikongoro. Cet acte décisif dans l’histoire des apparitions de Kibeho eut lieu en présence du Nonce Apostolique au Rwanda, de tous les membres de la Conférence Episcopale du Rwanda, de nombreux prêtres des différents diocèses du pays, de religieux et religieuses avec leurs supérieurs majeurs, et de fidèles laïcs venus d’un peu partout.

 

Dans la longue liste des voyants présumés, signalés à Kibeho au fil des années, l’Evêque n’en retient que trois comme authentiques. Voici la partie principale de la Déclaration :

 

« 1°  Oui, la Vierge Marie est apparue à Kibeho dans la journée du 28 Novembre 1981 et au cours des mois qui ont suivi. Il y a plus de bonnes raisons d’y croire que de le nier. A cet égard, seules les trois voyantes du début méritent d’être retenues comme authentiques : il s’agit d’Alphonsine Mumureke, Nathalie Mukamazimpaka, et Marie Claire Mukangango. La Vierge s’est manifestée à elles sous le vocable de « Nyina wa Jambo », c’est-à-dire « Mère du Verbe » : ce qui est synonyme de « Umubyeyi w’Imana », c’est-à-dire « Mère de Dieu », comme Elle l’a expliqué. Ces voyantes de Marie disent La voir tantôt les mains jointes, tantôt les bras étendus.


 

2°  Plusieurs motifs justifient le choix des trois voyantes maintenant reconnues. Ces voyantes, dont le lien historique qui les unit entre elle est bien établi, ont occupé seules la scène durant plusieurs mois, au moins jusqu’en juin 1982. De plus, ce sont elles qui ont fait beaucoup parler de Kibeho comme d’un lieu d’apparitions et de pèlerinages, et qui ont fait courir des foules pour cela jusqu’à la fin de ces événements. Mais surtout, ce sont Alphonsine, Nathalie et Marie Claire qui répondent avec satisfaction aux critères établis par l’Eglise en matière d’apparitions et de révélations privées. Par contre, l’évolution de présumés voyants postérieurs, surtout depuis la fin de leurs apparitions, laisse apparaître des situations personnelles bien précises et plus ou moins inquiétantes  qui viennent renforcer des réserves existant déjà à leur sujet et dissuader l’autorité de l’Eglise de les proposer aux fidèles comme une référence.


 

3°  Dans l’appréciation des faits et des messages, seules les apparitions publiques sont à prendre en considération. Sont publiques les apparitions qui ont eu lieu en présence de plusieurs témoins, ce qui ne veut pas dire nécessairement une foule.


 

Le temps fort de ces apparitions s’est terminé avec l’année 1983. Tout le reste qui s’est dit ou fait après cette date à Kibeho n’a en vérité apporté rien de nouveau par rapport à ce qui était déjà connu auparavant, que ce soit au point de vue des messages ou bien des signes de crédibilité. Même dans le cas d’Alphonsine, qui a pourtant continué d’attirer du monde jusqu’à la fin de ses apparitions.

 

4°  Les deux premières années d’apparitions à Kibeho (1982 et 1983) constituent donc véritablement la période décisive pour quiconque voudrait connaître ce qui s’est passé et se former un jugement là-dessus. C’est en effet au cours de cette période que se sont produits des événements significatifs, qui ont fait tant parler de Kibeho et courir des foules. C’est aussi dans cette période que les éléments essentiels du message de Kibeho ont été communiqués, puis récapitulés, et qu’il y  eut la fin des apparitions pour la plupart des voyants.

 

5°  Dans le cas des trois voyantes retenues, qui sont finalement à l’origine de la célébrité de Kibeho, il n’y a rien qui a été dit ou fait par elles pendant les apparitions qui soient contraire à la foi ou à la morale chrétienne. Leur message rejoint avec satisfaction les Saintes Ecritures et la Tradition vivante de l’Eglise.

 

 

6°  Bien entendu, dans ce domaine des apparitions, des influences extérieures sur les voyants ou des manipulations sont toujours possibles ; elles sont pratiquement inévitables et souvent difficiles à discerner, étant donné que les voyants ne sont point isolés de leur milieu de vie. Quoi qu’il en soit, les interférences constatées ne semblent pas avoir altéré le vrai message de Kibeho. Une analyse approfondie de la période du  début  des apparitions permettra de mieux démêler, parmi bien des paroles attribuées à la Sainte Vierge, celles qu’elle aurait vraiment dites, notamment en ce qui concerne le message de la chapelle. Du reste, nous ne devons pas perdre de vue cette vérité que d’ordinaire Dieu notre Créateur, « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim 2,4), se sert de ce qu’on appelle « les causes secondes » pour réaliser son plan de salut.

 

 

7°  Parmi les signes de crédibilité des apparitions, on peut mentionner, entre autres, des faits tels que :

 

 

-     la bonne santé mentale, l’équilibre humain, la lucidité et la sincérité des voyantes attestés par les conclusions de la commission des médecins, comprenant un psychiatre ;

 

-     le climat vraiment pieux et sincère dans lequel se sont déroulés ces événements ;

 

-     une absence de recherche du sensationnel chez les voyantes, ce qui peut signifier que les apparitions ne se produisaient pas de façon automatique ou bien téléguidée ;

 

-     la non-contradiction des voyantes quant aux messages et aux comportements ;

 

-     la réalité des extases qui n’ont rien de maladif ou d’hystérique, d’après les différents tests et examens effectués par les commissions ;

 

-     le naturel, la cohérence et la simplicité des « dialogues » avec l’Apparition ;

 

-     le fait que certaines paroles qui ont été dites manifestaient un niveau supérieur à la culture et à la formation religieuse des personnes qui les ont dites ;

 

-     le phénomène de « voyages mystiques » pour Alphonsine d’abord (le 20 mars 1982) et pour Nathalie ensuite (le 30 octobre 1982) ;

 

-     la journée du 15 août 1982 qui fut marquée notamment, contre toute attente, par des visions effroyables, qui dans la suite se sont avérées prophétiques au vu des drames humains vécus au Rwanda et dans l’ensemble des pays de notre région des Grands Lacs ces dernières années ;

 

-     jeûne extraordinaire de Nathalie durant le carême 1983, rigoureusement surveillé par la commission médicale, dont les membres n’étaient pas tous des catholiques ni des catholiques pratiquants ;

 

-     mais surtout le message de Kibeho, dont le contenu reste cohérent, pertinent et orthodoxe ;

 

-     les fruits spirituels déjà suscités par ces événements à travers le pays et même à l’étranger.


 

On ne peut attacher aucune valeur probante aux soi-disant phénomènes solaires que l’un ou l’autre prétendu voyant postérieur aux trois maintenant reconnues, a cru voir et tentait de faire voir aux foules de pèlerins de Kibeho, notamment dans le courant de novembre 1982, peu après les 17h. Il n’y a là aucun miracle ; des témoins différents et dignes de foi donnent une explication naturelle du phénomène, qui paraît bien fondée et incontournable.


 

8°  Dans le message de Kibeho, il est question, entre autres aspects, des paroles attribuées à la Vierge Marie, qui voudrait qu’on construise un sanctuaire à Kibeho en son honneur et en souvenir de son apparition là-bas. Ce message, reçu par Alphonsine pour la première fois lors de l’apparition du 16 janvier 1982, a été répété à plusieurs reprises durant cette année-là. Ce message fut donné par la Vierge non pas de sa propre initiative mais comme réponse à une demande qui lui était adressée par la voyante. On doit reconnaître aussi que dans les paroles attribuées à la Vierge par les voyantes, nulle part il n’a jamais été question de « Basilique », mais plutôt de chapelle (Bikira Mariya ngo arashaka shapeli). Le concept de « Basilique » est un élément totalement étranger au vrai message de Kibeho. Aucune des trois voyantes reconnues n’a utilisé le mot. L’idée vient plutôt d’un ouvrage paru en février 1983 sur les apparitions de Kibeho et distribué gratuitement dans certains milieux.

 

 

 

9°  Toujours à propos du message de la chapelle à construire sur le lieu des apparitions de Kibeho, l’examen des paroles attribuées à la Vierge Marie révèle qu’en fin de compte celle-ci n’entend pas imposer à l’Evêque dimensions, plans, dénominations ni modèles de décoration ; mais elle lui laisse plutôt assez de liberté d’agir suivant l’utilité pastorale pour les fidèles. Du reste, même si la Vierge Marie n’avait pas demandé qu’on lui construise une chapelle, celle-ci s’imposerait d’elle-même du moment qu’au moins un culte public est reconnu sur les lieux.


 

10°  Le chapelet des Sept Douleurs de la Vierge Marie fait partie des dévotions mariales relativement anciennes dans l’Ordre des Servites de Marie. Il y eut un temps où même au Rwanda ce chapelet était connu, mais uniquement dans un cercle de Sœurs Benebikira avant les années 1960 : il fut introduit par Mama Tereza Kamugisha, la première supérieure générale rwandaise de cette congrégation. Mais depuis la fin de son mandat, ce chapelet très mal connu et surtout très mal accepté par les sœurs, est tombé vite dans l’oubli. C’est la voyante Marie Claire Mukangango qui en parle de nouveau comme un message livré par la Vierge Marie à Kibeho. Jusqu’à présent, malgré de longues recherches qui ont été faites par les commissions ad hoc, il n’y a aucune preuve que Marie Claire connaissait déjà ce chapelet avant le début des apparitions. Ce chapelet mérite d’être répandu parmi les chrétiens, sans supplanter cependant le Saint Rosaire. Il s’agit d’un exercice de piété parmi bien d’autres admis dans l’Eglise.

 

 

11°  Le culte public en rapport avec les apparitions de Kibeho, déjà approuvé depuis le 15 août 1988 par mon prédécesseur et confirmé par moi-même dès mon entrée en fonction comme premier évêque de Gikongoro, demeure en vigueur et mérite d’être promu davantage pour le bien spirituel des fidèles. Dans les supplications, litanies ou cantiques, les fidèles peuvent mêler désormais le vocable « Notre-Dame de Kibeho » à d’autres titres sous lesquels la Sainte Vierge est invoquée.

 

 

12°  Toutefois, dans l’exercice de ce culte, il importe de bien veiller à la spécificité des apparitions de Kibeho, sans les mélanger avec d’autres phénomènes similaires, reconnus ou pas, qui se seraient déroulés ailleurs dans le pays ou à l’étranger. Je défends donc d’ériger au sanctuaire de Kibeho des statues ou emblèmes, et de ne publier aucune formule particulière de prière, aucun cantique, aucun livre de dévotion, relatifs aux apparitions de Kibeho sans une approbation donnée par l’Ordinaire du lieu.

 

 

13°  Le nom donné au sanctuaire marial de Kibeho est « Sanctuaire de Notre-Dame des Douleurs », comme je l’ai déjà préconisé à l’occasion de la pose de la première pierre, le 28 novembre 1992, et repris dans mon message proclamé à Kibeho le 15 septembre 1996, avec de plus amples explications.

 

 

14°  Que Kibeho devienne donc sans tarder un but de pèlerinages et de rendez-vous pour les chercheurs de Dieu, qui y vont pour prier ; un haut lieu de conversions, de réparation du péché du monde, et de réconciliation ; un point de ralliement pour « ceux qui étaient dispersés », comme pour ceux qui sont épris des valeurs de compassion et de fraternité sans frontières ; un haut lieu qui rappelle l’Evangile de la Croix.

 

 

15°  Pour promouvoir davantage le culte public et en faciliter l’exercice, une chapelle en l’honneur de la Vierge Marie sera bâtie sur le lieu des apparitions le plus tôt possible. Mais pour les dimensions de cet édifice on tiendra compte de l’espace disponible et donc aussi de l’école qui s’y trouve. Dans l’immédiat une seule chapelle suffit ; pour le reste, l’église paroissiale est là, elle fait partie intégrante de l’aire du sanctuaire marial.


 

16°  Un Comité Pastoral du Sanctuaire de Kibeho, composé de prêtres et de laïcs et dont le principe est déjà établi depuis le 28 Novembre 1992, sera mis en place pour assister le Recteur du Sanctuaire dans la bonne gestion de cette œuvre et dans la coordination des diverses initiatives qui visent à la soutenir, y compris l’emploi des fonds. Les membres de ce comité doivent être agréés par l’Ordinaire du lieu ».


 

Comme on doit l’avoir constaté sans doute, les présumées apparitions de Jésus dont il a été également question à Kibeho, mais sept mois après celles de Marie, n’ont pas été tenues en considération d’une façon explicite dans la Déclaration. Ce n’est pas par oubli, ni par négligence dans l’examen des dossiers. Divers motifs justifient ce silence, notamment le fait que les présumés voyants de Jésus mieux connus des pèlerins de Kibeho au cours des années 1982-1983 ont fini par mal tourner ou bien dévier dans la suite. L’exemple le plus frappant est sans doute celui d’Emmanuel Segatashya, qui a été le premier à parler d’apparitions de Jésus : il a connu de sérieux problèmes de santé mentale jusqu’à sa mort en 1994.

 

Certes la voyante Nathalie, un an après le début des apparitions de Marie, a de son côté commencé à faire des allusions à de présumées apparitions de Jésus dont elle aurait été également favorisées d’une façon sporadique ; mais, si jamais c’est bien Lui qui l’aurait visitée, tout se passait en privé, généralement dans l’intimité, selon son propre témoignage. Or, pour tous les cas étudiés, les commissions se sont limitées seulement aux apparitions en public, les seules auxquelles elles pouvaient assister ou dont elles pouvaient trouver des témoins variés. Donc, du point de vue historique, Nathalie, comme les deux autres voyantes, est connue surtout pour des apparitions de Marie, dont la plupart étaient en public.

 

Dans le discernement des voyants, la santé mentale, la transparence des extases, la cohérence de la conduite morale avec le message proclamé, le désintéressement, l’humilité sans feinte, et l’obéissance à l’autorité de l’Eglise, comptent parmi les critères très importants. Des phénomènes d’apparitions deviennent d’autant plus suspects que le voyant et ses partisans cherchent à leur trouver, à tout prix, des garanties supplémentaires et des justifications surérogatoires présentées comme venant du ciel, face à une attitude constamment négative de l’autorité de l’Eglise.

 

La non transparence peut aussi prendre les formes d’un engouement pour le merveilleux sentimental, ou de la propagande partiale, voire mensongère, et de la surenchère ou de l’exploitation à des fins commerciales, politiques, etc. (Voir J. M. Alonso, B. Billet et autres, Vraies et fausses apparitions dans l’Eglise, Paris 1976).

 

Même sans des apparitions de Jésus reconnues, il est évident que Jésus ne peut jamais être absent dans le culte public autorisé sur le lieu des apparitions de Kibeho ; car la Sainte Eucharistie en constitue l’élément essentiel, la source et le sommet, plus que toute sorte de dévotions mariales imaginables. On ne peut donc pas parler de la Vierge Marie sans penser à Jésus son Fils ; le rôle de Marie a toujours été de nous conduire à Jésus comme à l’unique Sauveur du monde, unique Médiateur entre Dieu et les hommes.

 

De toutes façons, la Déclaration du 29/06/2001 est définitive ; il n’est pas question ni opportun d’engager de nouvelles procédures en  espérant obtenir une éventuelle reconnaissance d’autres voyants.

 

Puisse donc cette Déclaration contribuer à la plus grande gloire de Dieu à Kibeho, ainsi qu’ailleurs au Rwanda et dans le monde entier. Qu’elle soutienne toujours plus une vraie dévotion à Notre Dame de Kibeho, Mère du Verbe et Vierge des Douleurs.