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Les voyantes




Au sujet des voyantes, nous tenons d’emblée à préciser que quand Dieu appelle quelqu’un pour une mission particulière dans l’histoire du salut, il le prend où il est, dans son milieu de vie, et se sert de lui tel qu’il est, avec son propre caractère et sa personnalité, avec ses qualités et ses défauts, ses capacités et ses limites. Comme le dit bien un adage latin, « gratia non tollit naturam, sed perficit eam » (la grâce ne détruit pas la nature, mais l’élève). Les voyantes de Kibeho n’échappent pas à la règle. A ce propos, l’Ordinaire du lieu, dans sa Déclaration du 29/06/2001, écrit :

 

« Un voyant, même reconnu comme authentique par l’autorité de l’Eglise, reste une personne humaine comme tout le monde, avec son propre tempérament, avec ses qualités et ses défauts. Aussi longtemps qu’il vit encore sur cette terre, il reste lui aussi un pécheur appelé à faire pénitence et à croître toujours davantage dans la vie de foi et la sanctification personnelle. Il serait donc imprudent de vouloir « canoniser » en quelque sorte les voyantes de Kibeho, de leur vivant. Il serait plus regrettable encore de les prendre pour des « porte-bonheur » (abapfumu). J’invite les parents ou tuteurs, ainsi que les amis des voyantes de Kibeho encore en vie à faire preuve d’assez de discrétion dans les relations avec elles en évitant de leur donner une importance exagérée ou un régime de faveur, pour la seule raison qu’elles ont été favorisées d’apparitions reconnues. Il faut leur permettre d’évoluer normalement dans leur milieu de vie et de vaquer à leurs activités habituelles. Les mesures que je préconise ainsi visent surtout à garantir la paix de ces voyantes et à les encourager à savoir mener un style de vie assez discipliné. ».

 

 

 

Alphonsine Mumureke


Alphonsine naquit le 21 mars 1965 à Cyizihira, dans la paroisse de Zaza, diocèse de Kibungo. Ses parents s’appelaient Thaddée Gakwaya et Marie Immaculée Mukarasana. Elle fut baptisée adulte à l’âge de 12 ans, le 27/07/1977. Au moment des apparitions elle venait d’être admise au collège de Kibeho en octobre 1981, juste après ses études primaires. Cette école, fondée dans les années 1967 sous l’impulsion du curé de Kibeho, l’abbé Grégoire Kamugisha, a souvent changé d’appellation pour mieux se conformer aux nouveaux programmes du ministère de l’Education nationale. Au moment de l’admission de l’élève Alphonsine en 1981, on parlait de « Collège de Kibeho » ; et puis « Ecole des Lettres de Kibeho » dès l’année 1984 ; et maintenant « Groupe Scolaire Mère du Verbe » à partir de l’année 1998.

 

La première apparition d’Alphonsine eut lieu le 28/11/1981 ; et la dernière, le 28/11/1989. Elle termina ses études secondaires à l’Ecole des Lettres de Kibeho en juillet 1989 avec un diplôme du niveau A2 en secrétariat. En ce temps là, Alphonsine, interrogée sur ses projets d’avenir, exprimait son souhait de se faire religieuse. A l’époque, elle pensait spontanément à la congrégation des sœurs Benebikira ; mais les supérieures de cette congrégation affichaient des réserves avec persistance en soulignant le fait que la question des présumées apparitions ne serait pas encore bien clarifiée par les autorités de l’Eglise.

 

A la fin de ses études à Kibeho, Alphonsine fut embauchée immédiatement par le diocèse de Butare comme secrétaire – dactylographe au Service Diocésain de l’Enseignement Catholique pour ce qui s’appelait alors la préfecture de Gikongoro. Ce service était dirigé par un prêtre. Lorsque le diocèse de Gikongoro fut créé en 1992, Alphonsine conserva son emploi. C’est là qu’elle a vécu la tragédie des massacres et du génocide survenus en 1994. Pour sa sécurité, elle dut se réfugier au presbytère de la paroisse de Gikongoro. Dans la suite, pour fuir des combats ou tout le climat d’insécurité généralisée à travers le pays, elle partit avec des amis vers le Zaïre (aujourd’hui RD Congo). A Bukavu elle fut aussitôt prise en charge par certaines familles du lieu qui l’avaient connue à Kibeho à l’occasion des apparitions ou des pèlerinages.

 

Mais quelques semaines plus tard, Alphonsine poursuivit sa route jusqu’en Côte d’Ivoire, plus exactement à Abidjan, grâce à l’aide d’une famille ivoiro-congolaise (RD. Congo) qui l’avait connue à Kibeho à l’occasion des apparitions. Par l’intermédiaire de cette famille, elle entra en contact avec le père Raymond Halter, un prêtre marianiste, qui la connaissait depuis l’époque des apparitions le 28/11/1989. Il devint pratiquement le directeur spirituel d’Alphonsine et le responsable de sa présence en Côte d’Ivoire. Il veilla sur elle jusqu’à sa mort survenue en décembre 1998. A ce moment là, le père Joseph Bezel, curé de paroisse en France et un grand ami du père Raymond Halter, aida Alphonsine à obtenir une bourse d’études pour l’Ecole Supérieure de Commerce Castaing d’Abidjan, avec inscription à la section de Secrétariat Bureautique durant 3 ans (de 1995/96 à 1997/98) qu’elle n’a pas pu terminer. A sa mort, le père Raymond Halter a été relayé par un prêtre diocésain ivoirien, l’Abbé Basile Mobio Gbangbo, de l’archidiocèse d’Abidjan, curé doyen de la paroisse Sacré-Cœur d’Abobo. Cet abbé semble avoir joué un grand rôle dans la vie d’Alphonsine comme un conseiller spirituel bien écouté, et influent auprès de l’archevêque d’Abidjan, le cardinal Bernard Agré, avec lequel Alphonsine a pu entrer en contact. De son côté l’évêque de Gikongoro adressa une lettre de recommandation au Cardinal. C’est en suivant les conseils de l’abbé Basile qu’Alphonsine prit la décision de quitter l’Institut de Commerce pour se faire inscrire à l’Ecole Supérieure de Catéchèse d’Abidjan, affiliée à l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest.

 

Elle était aussi aspirante dans l’Ordre de Sainte Claire. Après avoir obtenu un baccalauréat en théologie en juin 2003, avec une spécialisation en catéchèse, elle est entrée au monastère Sainte Claire d’Abidjan (Sœurs Clarisses). La prise d’habit religieux eut lieu le 26/07/2004 avec le début du noviciat. Les cérémonies de profession religieuse temporaire ont eu lieu le 15 juillet 2006. La jeune professe répond désormais au nom de « Alphonsine de la Croix Glorieuse ».

Les parents d’Alphonsine ne sont plus en vie. Son père, Thaddée Gakwaya, mourut assassiné en septembre 1984 ; quant à sa mère, Immaculée Mukarasana, elle mourut quelques années après le génocide de 1994.

 

 

 

Nathalie Mukamazimpaka

 

Nathalie Mukamazimpaka, naquit en 1964 à Munini dans l’actuel district de Nyaruguru, paroisse de Muganza, diocèse de Gikongoro. Son père s’appelle Laurent Ngango ; et sa mère, Gaudence Mukabaziga. Elle reçut le baptême à l’âge de 4 ans, le 02/02/1968. Au moment des apparitions, elle était inscrite au collège de Kibeho en 4ème année de la section normale primaire. Nathalie est connue surtout pour le message sur la souffrance expiatoire et sur la prière incessante pour un monde qui va très mal et risque de tomber dans un gouffre.

 

La première apparition de la Vierge à Nathalie eut lieu le 12 janvier 1982 ; et la dernière, le 3 décembre 1983. Elle n’a pas achevé ses études secondaires, alors qu’au début des apparitions il ne lui restait qu’une année pour pouvoir obtenir un diplôme du niveau D5, l’habilitant à exercer la profession d’enseignante d’école primaire. En effet, suivant le message de l’apparition du 24 juin 1982, la Vierge Marie aurait demandé à Nathalie de demeurer à Kibeho jusqu’à nouvel ordre, où elle devrait s’adonner davantage à la prière et aux mortifications pour le salut du monde.

 

Le séjour permanent de Nathalie à Kibeho, à l’ombre du lieu des apparitions, a débuté en juillet 1982. Elle le justifie en faisant appel à des messages personnels attribués à la Sainte Vierge, surnommée « Umubyeyi » (Maman). Cette situation a été souvent objet de controverse au niveau même des commissions d’étude, comme chez des observateurs de passage. A maintes reprises, la voyante eut à répondre à toute sorte de questions, de fond ou de curiosité, parfois très agaçantes, voire indiscrètes pour elle. Des recherches ont été menées dans son milieu familial et sa région natale. Des rapports spécifiques ou des témoignages à ce sujet existent. En fin de compte, aucun consensus n’a pu se dégager de tout cela dans un sens défavorable à la position de la voyante. Au contraire ! Les Ordinaires du lieu successifs n’y ont vu aucun problème majeur, tout en souhaitant cependant que son cas puisse, un jour ou l’autre, connaître des ouvertures à de nouveaux horizons.

 

Quoi qu’il en soit, l’appel au sacrifice expiatoire étant une des lignes maîtresses des apparitions de Kibeho, Nathalie s’est toujours efforcée de vivre ce message de son mieux. Au moment de la guerre civile et du génocide de 1994, elle a toujours résidé à Kibeho. Elle a été témoin des actes de massacre et de génocide perpétrés là-bas contre des innocents. Elle n’a sans doute pas manqué de faire avec douleur une relecture du message des apparitions, notamment celle du 15 août 1982, en essayant d’établir un lien avec la tragédie qui s’abattait sur tout le pays, jusque dans les pays voisins.

 

Début juillet 1994, Nathalie, à la demande de son Evêque, dut quitter Kibeho en catastrophe à la recherche d’une plus grande sécurité. Elle se replia momentanément sur l’évêché de Gikongoro. De là, elle poursuivit sa route avec beaucoup d’autres réfugiés désemparés – y compris des prêtres, des religieux et des religieuses, toutes ethnies confondues – jusqu’à Bukavu dans l’ex-Zaïre. Durant plusieurs mois, elle a pu être hébergée au monastère des Trappistines de l’abbaye Notre-Dame de la Clarté Dieu située non loin de la ville de Bukavu. Dans la suite, elle fut l’hôte d’une communauté de Sœurs Filles de Marie Reine des Apôtres, jusqu’en mai 1996. C’est de là qu’elle fut évacuée d’urgence sur Nairobi pour soins médicaux. Elle a pu regagner le Rwanda début décembre 1996. Par bonheur, les Sœurs Benebikira venaient de retourner à Kibeho pour rouvrir leur couvent, l’école secondaire et le Centre de Santé.

 

Nathalie en fut bien encouragée pour regagner sa demeure après deux ans d’absence. Depuis lors elle continue à se dépenser généreusement pour le sanctuaire marial et s’associe volontiers à la prière des pèlerins. Bien souvent c’est elle qui accueille des pèlerins individuels pour les assister le cas échéant, ou bien pour les orienter vers le chapelain.

 

Des membres de sa famille résidant à une dizaine de km de Kibeho, et des chrétiens de sa paroisse natale (Muganza) viennent de temps en temps pour lui rendre visite. Son papa, Laurent Ngango, est encore en vie ; quant à sa maman, Gaudence Mukabaziga, elle est morte d’une crise de paludisme le 17/10/1998.

 

 

 

 

Marie Claire Mukangango

 

Marie Claire naquit en 1961 à Rusekera, dans l’actuel district de Nyamagabe, paroisse de Mushubi, diocèse de Gikongoro. Son père s’appelait Basera, et sa mère Véronique Nyiratuza ; elle reçut le baptême à l’âge de 5 ans, le 12/08/1966. Au moment des apparitions, elle étudiait au collège de Kibeho, en 4ème année de la section normale primaire. Comme voyante, elle est connue surtout pour le message au sujet du Chapelet des Sept Douleurs de la Vierge Marie, allant de pair avec un urgent appel au repentir : « Repentez-vous, repentez-vous, repentez-vous ! » ainsi disait la Vierge au monde par la bouche de Marie Claire.

 

Sa première apparition eut lieu mardi le 2 mars 1982 ; et la dernière, le 15 septembre 1982. Elles n’ont donc duré que 6 mois et 15 jours. Elle termina avec succès ses études secondaires au collège de Kibeho en juillet 1983, couronnées par un diplôme du niveau A3, l’habilitant à exercer la profession d’enseignante d’école primaire. De fait elle l’exerça d’abord dans sa paroisse natale de Mushubi à partir de septembre 1983, ensuite à Kigali à partir de septembre 1987.

 

Marie Claire se maria religieusement le 22 août 1987 avec Elie Ntabadahiga, de la même paroisse natale. Ce dernier était un universitaire, journaliste à l’Orinfor (Office Rwandais d’Information). A la veille du génocide de 1994, il était déjà affecté aux services de la Primature. Les deux formaient un ménage heureux, mais malheureusement resté sans enfant, malgré leur vif désir d’en avoir.

 

Ils résidaient à Kigali, dans le quartier de Gatsata, traversé par la route menant à Byumba. C’est dans ce quartier populaire qu’ils ont été surpris par le génocide de 1994. Conduits avec bien d’autres déplacés de guerre vers Byumba, censée être une zone sécurisée, ils furent du nombre de bien des civils sans arme massacrés là-bas. La date et les circonstances exactes de leur mort ne sont pas encore bien établies. Des témoins disent que Marie Claire a été tuée en voulant défendre ou retrouver son mari ; elle a été enlevée et conduite avec d’autres victimes vers une destination inconnue.

 

 

 

Prétendues Voyantes

 

l est vrai qu’à Kibeho, les trois voyantes évoquées ci-dessus ne sont pas les seules prétendant avoir bénéficié d’une apparition, même si elles sont les seules à avoir été officiellement reconnues par l’Eglise. Après Marie Claire, qui fut la troisième dans la chronologie des apparitions de Kibeho, il y en a plusieurs autres de diverses catégories : des filles et un garçon, des jeunes et des moins jeunes, des instruites et des non instruites. Il en est qui ont prétendu avoir eu l’apparition de Jésus en personne.

 

Le 28 novembre 1982, c’est-à-dire une année après la première apparition, les présumés voyants s’élevaient au nombre de 14, tandis que, deux ans plus tard, le 28 novembre 1983, ils étaient à 33 ! Leur nombre s’est accru dans la suite et comprenait des gens des autres régions du pays. Certains prétendaient qu’ils avaient l’apparition de la Vierge Marie, d’autres affirmaient avoir celle de Jésus, tandis que certains allaient jusqu’à affirmer que Jésus et Marie leur apparaissaient.

 

Il était donc difficile pour l’autorité de l’Eglise de déceler la vérité dans cette situation confuse. Par ailleurs, « en ce qui concerne les apparitions, il est possible que certaines personnes essaient de s’y mêler, par des propos faits aux voyants ou en voulant en faire malicieusement leurs instruments ».

 

Dans son discernement, l’Eglise a mis sur pied deux commissions en 1982, l’une de médecins et l’autre de théologiens, pour suivre de près et de manière scientifique, ces événements de Kibeho. Les deux commissions ont, chacune en ce qui la concerne, immédiatement commencé leur travail après leur nomination. La longueur dans le temps des apparitions n’a en rien entamé le zèle avec lequel les membres des deux commissions ont mené leur travail, ayant à l’esprit l’unique souci d’examiner les faits dans l’impartialité, sans précipitation, avec patience, calmement, et en évitant les partis pris. Les deux commissions travaillaient selon les directives de l’Eglise Universelle décrétées officiellement le 24 février 1978.

 

Cependant, à cause d’un grand nombre de gens qui se prétendaient voyants, et dont les présumées apparitions avaient lieu à différents moments, les membres des commissions ont choisi une méthode, comme pour toute recherche, qui leur permettrait d’aboutir à des résultats satisfaisants et corrects. C’est dans ce cadre qu’ils ont choisi les huit premiers présumés voyants dont l’apparition a eu lieu entre le 28 novembre 1981 et le 28 novembre 1982. Ces huit premiers « voyants » étaient choisis comme échantillon à suivre de manière particulière, mais sans négliger les autres qui se prétendaient voyants. C’est la méthode de travail choisi par les commissions, ce n’était pas une confirmation de leur prétendue apparition. Lesdites commissions ont élaboré plusieurs rapports qu’elles ont soumis à l’évêque du diocèse de Butare dont Kibeho faisait encore partie. Après la création du diocèse de Gikongoro, en 1992, tout ce qui avait trait aux apparitions de Kibeho était soumis au nouveau diocèse dirigé par Monseigneur Augustin Misago, par ailleurs ancien membre de la commission théologique. Les deux commissions ont poursuivi leur tâche comme d’habitude et furent renforcées de quelques nouveaux membres.

 

Les travaux des deux commissions ont été clôturés vingt ans après leur création. Les conclusions des commissions ont montré que des huit présumés voyants ayant fait l’objet de l’enquête approfondie, trois seulement présentaient les critères de crédibilité et confiance en ce qui concerne les apparitions de Kibeho. C’est dans ce sens que, le 29 juin 2001, Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, en accord avec les membres des deux commissions et avec le Magistère de l’Eglise universelle à Rome et en accord avec la Conférence Episcopale du Rwanda, a prononcé sa déclaration portant jugement définitif sur les faits dits apparitions de Kibeho.

 

Dans cette déclaration, l’Evêque de Gikongoro spécifie sans détour :

 

« Oui, la Vierge Marie est apparue à Kibeho dans la journée du 28 novembre 1981 et au cours des mois qui ont suivi. Il y a plus de bonnes raisons d’y croire que de le nier. A cet égard, seules les trois voyantes du début méritent d’être retenues comme authentiques : il s’agit d’Alphonsine Mumureke, Nathalie Mukamazimpaka et Marie Claire Mukangango. La Vierge s’est manifestée à elles sous le vocable de « Nyina wa Jambo », c’est-à-dire « Mère du Verbe » : ce qui est synonyme de « Umubyeyi w’Imana », c’est-à-dire « Mère de Dieu », comme Elle l’a expliqué. Ces voyantes de Marie disent la voir tantôt les mains jointes, tantôt les bras étendus.

 

« Plusieurs motifs justifient le choix des trois voyantes maintenant reconnues. Ces voyantes, dont le lien historique qui les unit entre elles est bien établi, ont occupé seules la scène durant plusieurs mois, au moins jusqu’en juin 1982. De plus, ce sont elles qui ont fait beaucoup parler de Kibeho comme un lieu d’apparitions et de pèlerinages et qui ont fait courir des foules pour cela jusqu’à la fin de ces événements. Mais, par-dessus tout, c’est Alphonsine, Nathalie et Marie Claire qui répondent avec satisfaction aux critères établis par l’Eglise en matière d’apparition et de révélations privées. Par contre, l’évolution des présumés voyants postérieurs, surtout depuis la fin de leurs apparitions, laisse apparaître des situations personnelles bien précises et plus ou moins inquiétantes qui viennent renforcer des réserves déjà existantes à leur sujet et dissuader l’autorité de l’Eglise de les proposer aux fidèles comme une référence.

 

Une autre raison sur laquelle s’est appuyée l’Eglise pour reconnaître les trois voyantes comme authentiques, c’est que leur message rejoint avec satisfaction les Saintes Ecritures et la Tradition vivante de l’Eglise.

 

L’Evêque de Gikongoro poursuit son argumentation en ces termes : « Dans l’appréciation des faits et des messages, seules les apparitions publiques sont à prendre en considération. Sont publiques les apparitions qui ont eu lieu en présence de plusieurs témoins, ce qui ne veut pas dire nécessairement une foule. Le temps fort de ces apparitions s’est terminé avec l’année 1983. Tout le reste qui s’est dit ou fait après cette date à Kibeho n’a en vérité apporté rien de nouveau par rapport à ce qui était déjà connu auparavant, que ce soit au point de vue des messages ou des signes de crédibilité. Même dans le cas d’Alphonsine qui a pourtant continué d’attirer du monde jusqu’à la fin de ses apparitions».

 

 

 

Cependant, en dehors des raisons ci-dessus reprises, il existe aussi des signes de crédibilité qui ont fait retenir les trois voyantes. Parmi ces signes, on peut retenir les suivants :

 

 

1) la bonne santé mentale, l’équilibre humain, la lucidité et la sincérité des voyantes attestés par les conclusions de la commission des médecins, comprenant un psychiatre ;

 

2) le climat vraiment pieux et sincère dans lequel se sont déroulés ces événements ;

 

3) une absence de recherche du sensationnel chez les voyantes : ce qui peut signifier que les apparitions ne se produisaient pas de façon automatique ou bien téléguidée ;

 

4) la non-contradiction des voyantes quant aux messages et aux comportements ;

 

5) la réalité des extases qui n’ont rien de maladif ou d’hystérique, après les différents tests et examens effectués par les commissions ;

 

6) le naturel, la cohérence et la simplicité des « dialogues » avec l’apparition ;

 

7) le fait que certaines paroles qui ont été dites manifestaient un niveau supérieur à la culture et à la formation religieuse des personnes qui les ont dites ;

 

8) le phénomène de « voyages mystiques » pour Alphonsine d’abord (le 26 mars 1982) et pour Nathalie ensuite (le 30 octobre 1982) ;

 

9) la journée du 15 août 1982 qui fut marquée, notamment, contre toute attente, par des visions effroyables qui, dans la suite, se sont avérées prophétiques au vu des drames humains vécus au Rwanda et dans l’ensemble des pays de notre région des Grands Lacs ces dernières années;

 

10) jeûne extraordinaire de Nathalie pendant le Carême de 1983, rigoureusement surveillé par la commission médicale dont les membres n’étaient pas tous des Catholiques ni des Catholiques pratiquants ;

 

11) mais surtout le message de Kibeho dont le contenu reste cohérent, pertinent et orthodoxe ;

 

12) les fruits spirituels déjà suscités par ces événements à travers le pays et même à l’étranger.